samedi 12 mars 2011

la joie par l'humour






Quand ça va mal, il existe un remède miracle pour sortir de la tristesse et retrouver la Joie. Une pensée magique, que seuls les sages peut-être ont la folie d'avoir constamment en tête, mais que les fous que nous sommes peuvent parfois avoir la grâce de comprendre dans ces inexplicables éclairs de sagesse qu'on appelle l'humour.

Cette pensée est la suivante : pourquoi s'en faire, puisque rien ne peut être autrement que comme cela est ? Comprendre que tout arrive nécessairement comme cela arrive sans que rien ni personne ne puisse rien n'y changer engendre immédiatement une joie infinie qui libère de toute volonté de changer quoi que ce soit à la réalité, unique source de tristesse, pour se réjouir inconditionnellement de ce qui arrive quelle qu'en soit la teneur, et sans rien perdre ni de la perception lucide de sa valeur plus ou moins bonne ou mauvaise ni le désir de l'améliorer pour notre plus grand bonheur. Comment réaliser ce prodige, qu'on peut assimiler à une véritable libération ?

Je deviens joyeux malgré ma tristesse quand je comprends que la réalité est parfaite, qu'elle me plaise ou non, pour peu que je la considère d'un point de vue non personnel, en la considérant dans sa totalité et sa nécessité intrinsèque. Il n'existe et ne peut exister en effet qu'une seule réalité, celle-là même qui arrive en ce moment même, qu'on peut donc à bon droit et contre toute attente appeler "parfaite" puisqu'elle est nécessairement la meilleure possible (ou la pire, ce qui revient strictement au même, ce qui est d'ailleurs encore plus risible).

Cette étonnante quoiqu'évidente vérité a été exprimée en son temps par Spinoza en termes assez comiques, ce qui fait d'ailleurs de ce philosophe réputé austère peut-être le plus drôle de tous les temps : "dans la mesure où je comprends pourquoi je suis triste, écrit Spinoza, je deviens joyeux." Dans la mesure en effet où je comprends que je suis triste parce que je ne perçois pas la nécessaire et constante perfection du réel qui m'attriste, je m'éveille instantanément à la contemplation émerveillée de cette perfection et vois ma tristesse se transformer en joie, tout en comprenant que cette tristesse elle-même était parfaite et qu'elle ne pouvait pas ne pas arriver, pas plus d'ailleurs que la joie nouvelle de ma compréhension.


Pour dire autrement ce grand paradoxe, c'est dans la mesure où je comprends que je ne possède aucun libre-arbitre et que je suis comme tout le monde absolument soumis au destin que j'accède à la plus haute liberté.

Ainsi tout en ce monde peut-il devenir source de joie, y compris les pires tristesses et sources de tristesses, pour qui possède la sagesse ou à défaut l'humour.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'adore ce petit texte qui en dit long ^^