mardi 7 décembre 2010

la félicité du soi - Ramana Maharshi



Le mental est accoutumé à vagabonder sous la pression des tendances latentes qui se manifestent sous forme de pensées.

Tant que des tendances subsistent dans le mental, elles doivent en sortir et se consumer.

Les pensées forment le mental.

En recherchant ce qu'est le mental, les pensées reculent et le chercheur saura qu'elles proviennent du Soi.

C'est l'ensemble de ces pensées que nous appelons "mental".

Si on réalise que les pensées s'élèvent du Soi et si on demeure dans leur source, le mental disparaît.

Quand le mental cesse d'exister et que la félicité de la paix est réalisée, on trouve aussi difficile de concevoir une pensée qu'il était naguère difficile d'en supprimer.

La félicité de la paix est trop bonne pour être troublée.

L'homme profondément endormi déteste être réveillé et être rappelé à ses devoirs. La félicité du sommeil profond est trop captivante pour être sacrifiée à l'activité, née des pensées.

L'état libre de pensées est notre état originel. Il est toute félicité. N'est-il pas déplorable de quitter semblable état pour un état malheureux, fourmillant de pensées?

Si on désire rester dans un état libre de pensées, le combat est inévitable. L'état primordial est le résultat d'une conquête. On doit se frayer le chemin en se battant pour regagner son état originel et primordial. Si le combat est bien mené et le but atteint, l'ennemi - autrement dit les pensées- sera vaincu.

Toutes les pensées s'apaiseront dans le SOI et disparaîtront entièrement. Les pensées sont l'ennemi. Elles correspondent à la création de l'Univers.

En leur absence, il n'y a ni monde ni Dieu créateur

Il n'y a que l'être unique et c'est la félicité du Soi.

Ramana Maharshi

4 commentaires:

sephres a dit…

Maharshi...

La question que je me pose sur ce type de pratiques (que j'ai expérimenté avec vigueur), c'est "est ce accessible à tous, tout de suite ?".
Pour ma part, je me sens "non-préparé" à cela. J'imagine que d'abord, atteindre un bonheur "humain", un équilibre matériel et affectif, est une condition sine qua none aux aspirations universelles telles que la prise de conscience du "Soi".

Qu'en pensez vous ?

Bruno Giuliani a dit…

le bonheur absolu qui est la joie fondamentale d'être (le) Soi est bien sûr accessible à tous tout de suite, il n'y a aucune préparation à avoir, pas de bonheur "humain" et relatif préalable à atteindre, et il n'y a pas non plus de pratique à avoir. Tu es cela ! C'est tout le message de Ramana et des autres libérés. Cessez de chercher et accueillez la joie d'être ce que vous êtes : sat chit ananda. Je vous invite à laisser danser la vie...
amitié, Bruno

MAYA a dit…

je sens intimement que les paroles de Ramana sont la vérité,mais je ne vois pas comment concilier l'absence de pensées et la vie dans le monde: travail, formation et concrétisation de projets... Elle me semble prôner une vie complètement extraite de la société, or le bonheur c'est aussi la participation active et joyeuse à ce qui nous entoure,tout est interdépendant. Comment le faire sans pensées?

Bruno Giuliani a dit…

Maya : la sagesse dont parle Ramana n'est pas l'absence de toute activité spirituelle et donc de pensée ni de raisonnement mais la libération des pensées venant du mental pour laisser le soi "penser" dans le sens de la conscience directe du réel, une perception qu'on peut appeler conscience éveillée, intuition ou pensée adéquate au sens de Spinoza. On est alors libre, actif, joyeux en toute circonstance, y compris dans la société, le travail... Ce que j'enseigne dans la biosophie.